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LES PROFS DU CYCLE EN GRÈVE POUR UNE ÉCOLE DE QUALITÉ

March 10, 2024

Les enseignant·e·s s’opposent aux deux heures d’enseignement supplémentaires que la Conseillère d’État en charge de l’éducation, la PLR Anne Hiltpold, entend leur imposer.

Malgré les entraves au droit de grève (réquisitions abusives de personnel,interdiction de piquets de grève) et la répression à l’encontre des délégué·e·s syndicaux imposées par la cheffe du DIP, la grève a été très largement suivie dans tous les établissements du canton. Des salles des maîtres aux manifestations,le message des enseignant·e·s était clair: 1) le projet de la magistrate constitue bien une augmentation de travail sans hausse de salaire et 2) cela se fera forcément au détriment de la qualité  de l’enseignement.

 

Les fausses promesses de Mme Hiltpold

Toutes et tous les enseignant·e·s le savent, les « allégements administratifs » promis par la Conseillère D’État en échange de ces 2h supplémentaires ne sont que de la poudre aux yeux : 2h d’enseignement, c’est autant de temps de préparation et de correction en plus, c’est la gestion de 24 élèves supplémentaires avec leurs problématiques spécifiques et des contacts avec les parents et le réseau médico-psycho-social. En réalité, les 2h de plus annoncées représentent plutôt 3hde travail effectif en plus. Or, les profs du Cycle n’effectuent pas 3hhebdomadaires d’un travail administratif qui pourrait être aisément supprimé… Hiltpold l’a d’ailleurs démontré dès la première séance de négociation avec les syndicats: ses propositions de décharge sont soit tellement maigres qu’elles ne compenseront jamais ces 3h supplémentaires, soit il s’agit de réduire le travail pédagogique. Pour ne donner qu’un exemple, la magistrate propose la «simplification des conseils de classe ». Mais simplifier quoi, alors que la plupart des profs estiment déjà ne pas disposer d’assez de temps dans les conseils actuels pour aborder correctement toutes les situations ?

Selon quelle vision étrange le fait de discuter d’élèves en difficulté relèverait-il d’une tâche administrative ? Bref, il ne peut y avoir d’allégement significatif sur le plan administratif.

Les profs devront-ils donc couper dans la préparation des cours ?Dans l’organisation de sorties extra-scolaires (tâche déjà accomplie en sus de leur cahier des charges) ? Dans le contact avec le réseau médico-psycho-social et les parents ? Dans tous les cas, c’est bien la qualité de l’enseignement qui sera touchée.

 

Couper dans l’éducation pour réduire les impôts des riches ?

Les attaques de la droite bourgeoise contre les travailleurs·euses de l’éducation ne se limitent d’ailleurs pas au Cycle d’Orientation (voir p. 3). En proposant de réduire les moyens alloués aux crèches comme à l’école primaire, la droite défend une vision rétrograde de l’éducation et va à l’encontre des besoins actuels de la population. Il est une certitude : ceux et celles qui pâtissent d’une dégradation des conditions d’encadrement, de formation et d’éducation sont les enfants des milieux les moins favorisés. On ne compte plus les études qui montrent comment les inégalités sociales se reproduisent à l’école. Ce ne sont pas les enfants des riches qui souffriront en premier de la surcharge de travail des enseignant·e·s.Si l’on veut tendre à corriger ces inégalités (une des missions de l’école prévue par notre Loi sur l’instruction publique), c’est de moyens supplémentaires dont les enseignant·e·s ont besoin, à plus forte raison dans les premiers degrés. « Plus les élèves sont jeunes, et plus l’enseignement implique de difficultés si on le prend au sérieux », disait le pédagogue Jean

Piaget. Les objectifs des partis de droite, majoritaires dans cette nouvelle législature, sont clairs : faire des économies dans le budget de l’État, pour faire baisser les impôts payés par les riches. Ils défendent ces économies comme « une nécessité », alors que les finances cantonales se portent très bien!

Répondre aux besoins de la population

L’Union populaire défend résolument un autre projet de société et une autre vision de l’éducation, centrée sur des services publics de qualité répondant aux besoins de la population, en particulier de ses milieux les plus défavorisés.La grève des profs du cycle a montré qu’une réponse forte aux attaques de la droite bourgeoise était possible et nécessaire : puisse-t-elle servir d’exemple pour les luttes qui s’annoncent.

 

Giulia Willig