Ce lundi 18 août, une conférence de presse s’est tenue pour rappeler la situation des immeubles toujours vides au 16 Grand-Rue et au 8 rue Royaume.
Des témoignages de membres d’associations de quartier de la Vieille-Ville ainsi que d’ancien·ne·s habitant·e·s ont dénoncé une situation inadmissible alors que de très nombreuses personnes sont à la recherche d’un logement.
Une représentante d’association a fait part de son extrême préoccupation en constatant que plusieurs immeubles de la Vieille-Ville sont maintenus délibérément vides. De même, un ancien habitant s’est déclaré choqué d’avoir dû réparer à plusieurs reprises le toit de l’immeuble pour le sauvegarder, alors que le propriétaire laissait volontairement le bâtiment se dégrader.
Aujourd’hui, la société propriétaire de ces deux immeubles, BURVAL SA — en liquidation depuis plus de 27 ans — refuse toujours de les remettre en location. Ses deux administrateurs veulent obtenir des dérogations à la loi afin de pratiquer des loyers abusifs. Des recours ont été déposés par cette société contre les autorisations de construire, précisément parce qu’elles fixaient un prix maximum des loyers après travaux, applicable pendant cinq ans.
Les autorités, quant à elles, ne font rien pour imposer immédiatement à cette société immobilière la relocation des quelque 40 appartements, alors même que la loi le leur permet.
Stop à la criminalisation des militant·e·s
Par contre, ce mercredi 20 août à 9h, notre camarade Rémy Pagani est convoqué devant le tribunal de police pour répondre de l’action menée dans l’immeuble du 16 Grand-Rue, aux côtés de nombreuses personnes. Toutes et tous avaient alors repeint les murs d’un appartement vide depuis plus de 10 ans. Rémy Pagani avait recouru contre une ordonnance de condamnation expéditive qui l’avait frappé pour « violation de domicile ».
Cette action de dénonciation, menée en mars 2023, stigmatisait déjà un phénomène très inquiétant, qui n’a fait que s’amplifier. Il touche aujourd’hui de nombreux et nombreuses habitant·e·s de notre canton, notamment les locataires du 11, 15 et 17 place des Augustins.
Les milieux immobiliers utilisent une stratégie bien connue : obtenir des autorisations de travaux pour imposer des augmentations de loyers exorbitantes et expulser des locataires de longue date, souvent âgé·e·s. Depuis près de cinq ans, nous constatons que les locataires ne sont plus protégé·e·s comme ils et elles l’étaient auparavant. La jurisprudence du Tribunal fédéral admet désormais des loyers abusifs et permet de se passer du relogement des locataires en cas de travaux.
Pourtant, la législation cantonale pourrait freiner ce processus de précarisation des demandeur·euse·s de logement et d’expulsions, notamment en refusant certaines démolitions. Mais là encore, les autorités cantonales ne font rien. Elles laissent régner la loi du « marché », alors que chacun·e sait qu’en période de pénurie de logements, ce mécanisme fragilise gravement les locataires et les personnes en recherche de logement. Nous le constatons malheureusement chaque jour.