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L'UNION POPULAIRE ET LA PALESTINE

1.     La Palestine est à la fois un thème de mobilisation et un front de lutte international qui catalyse des engagements politiques et syndicaux nouveaux, des formes d’organisation originales, notamment sur les lieux de travail, etc. Se mobiliser pour la Palestine aujourd’hui, ce n’est pas seulement faire preuve de solidarité internationaliste, c’est renforcer la mobilisation populaire ici en Suisse. Cela justifie déjà - en soi - un travail permanent et un engagement de longue durée dont notre activité en faveur de la flottille vers Gaza a été un épisode.

2.     Cet engagement bénéficie d’un terreau favorable à son développement en particulier dans les milieux populaires, parmi lesquels a pu se développer une identification aux Palestinien·ne·s comme figure emblématique des victimes d’une oppression par les puissants de ce monde, soit - en dernière instance - par les mêmes milieux dominants qu’ils trouvent en face d’eux ici, qui propagent une islamophobie qui s’est incarnée dans la Loi sur la laïcité de l’État (LLE) dont Pierre Maudet a été l’artisan il y a quelques années à GE.

3.     Viser la « massification » nécessaire du mouvement est une orientation qu’il faut absolument poursuivre et renforcer, il est notamment important de considérer que chaque manif/rassemblement devrait être un lieu d’organisation pour une mobilisation plus forte encore la fois prochaine. Ces moments de mobilisation ne sont pas des buts en soi, mais doivent, au contraire, s’inscrire dans une stratégie d’élargissement continu de la mobilisation générale.

4.     Face à la violence d’État, à la répression et à la calomnie ciblant le mouvement de solidarité avec la Palestine la réponse doit être en premier dans l’élargissement et la montée en puissance numérique de ce dernier. La confrontation matérielle dans la rue avec les forces dites « de l’ordre » est une bataille qui ne peut pas être gagnée en tant que telle et qui présente des risques, de dérive élitaire notamment. Le cas échéant des actions dites « directes » doivent avoir un ou des objectifs incontestablement légitimes très clairement désignés et lisibles.

5.     Le « Cessez-le-feu » en carton-pâte ou le faux-semblant de « Paix » actuels ne sont ni réels ni stables. Le projet génocidaire, consubstantiel de la création de l’État d’Israël, conçu dès l’origine comme bras armé impérialiste d’une colonie de peuplement, se poursuit. Ceci notamment avec la partition en marche de Gaza et c’est donc bien un horizon de lutte de longue haleine qu’il faut sans aucun doute prévoir.

6.     La reconnaissance de l’État de Palestine : est en soi une bonne chose et l’on ne saurait évidemment s’y opposer… mais c’est en fait, souvent, un·e geste/concession symbolique des États concernés (France, UK, etc.) sans forcément de grand intérêt réel, qui pourrait servir au demeurant à détourner des objectifs sérieux et nécessaires que sont notamment le BDS). De ce point de vue, l’UP n’engagera pas de forces significatives en vue de faire aboutir l’IN populaire fédérale pour la reconnaissance de la Palestine, même si nous encourageons chacun·e à la signer.

7.     Par contre, l’axe de nos revendications adressées à l’État et aux institutions et entreprises ici se résument très simplement il s’agit pour l’essentiel de la trilogie Boycott, Désinvestissement, Sanctions… qui inclut la revendication de la rupture de toute collaboration, militaire, académique ou de tout autre ordre avec l’État génocidaire d’Israël… Comme aussi l’intervention pour exiger un cessez-le-feu réel, la levée du blocus sur Gaza et la défense du respect des Conventions de GE dans tous les territoires occupés.

8.     En miroir, il nous incombe de soutenir et de développer avec la société palestinienne et ses représentant·e·s des rapports d’Amitié, de Coopération et de Soutien (ACS) en visant à impliquer dans ces projets les diverses collectivités locales genevoises, notamment au plan municipal.

9.     Quant à l’État d’Israël : il devra impérativement à terme être déconstruit. Cet État, ses institutions, son cadre légal, – pas sa population, ni ses citoyen-ne-s évidemment – doivent être détruits. Un État génocidaire, d’essence coloniale, promoteur d’un apartheid raciste, ne doit pas survivre à terme, il faut rompre avec celui-ci plutôt que d’imaginer qu’il puisse être « réformé » en tant que tel.

10.   Un État unique, laïque, démocratique en Palestine est la seule voie possible évitant le nettoyage ethnique à grande échelle qu’exigerait - réalistement - la mise en place de la prétendue « solution » à deux États si ceux-ci devaient pouvoir être réellement fonctionnels et viables. Mais en fait, sous couvert de « solution à deux États », la plupart des gouvernements occidentaux défendent en réalité le statu quo colonial, avec un pseudo-État palestinien morcelé, sans continuité territoriale, ni souveraineté réelle, soit une impasse qui perpétue l’apartheid et nie en fait le droit du peuple palestinien à l’autodétermination.

11. La défense de la « solution » dite « à deux États » signifierait un ralliement à la pérennisation de la partition de la Palestine initiée par les impérialistes britanniques (dont la partition a été un modus operandi régulier au 20e siècle) et le rejet de la revendication d’un unique État démocratique et laïque commun sur tout le territoire de la Palestine mandataire où les droits de tous·toutes les habitant·e·s seraient pleinement respectés.

12. En outre et enfin, nous condamnons sans réserve et lutterons toujours sans concessions contre toutes les formes de xénophobie et de racisme, contre l’islamophobie et l’antisémitisme notamment. En axant cette lutte sur la revendication de la pleine reconnaissance des droits humains, économiques, sociaux et politiques des personnes et des groupes concernés où qu’ils ou elles se trouvent.

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